E-santé : Quand le digital s’invite dans les hôpitaux

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Par Nathaly Mermet

Parcours de soins, efficience des systèmes d’évaluations, gestions des ressources humaines. L’irruption du digital dans le monde hospitalier engendre des bouleversements. Tour d’horizon à occasion de la 12e édition du salon Biovision, le Forum mondial des Sciences du Vivant, qui a ouvert ses portes ce mardi à Lyon.

La révolution numérique appliquée à la santé rend-elle l’hôpital plus efficace ? Alors que les dispositifs permettant d’améliorer les parcours de soins et l’évaluation des systèmes d’information, la question était au cœur des débats, mardi 4 avril, au salon Biovision, à Lyon

« Nous disposons aujourd’hui d’une mesure de l’impact du numérique sur la santé à travers le résultat d’un travail de recherche initié par le ministère de la Santé en 2014 », déclare Gérard Comtet, directeur du cluster régional I-care dédié aux technologies de santé.

Amélioration du schéma de soins

« Le consortium impliqué aux côtés de l’Agence Nationale de l’Appui à la Performance (ANAP) a démontré une corrélation positive entre le niveau d’informatisation des établissements de santé et leur performance », explique-t-il, soulignant cependant que la question n’est pas évidente puisqu’il y a parfois un décalage entre les investissements consentis et le résultat opérationnel pour les professionnels ou les usagers.

Membres de ce consortium,l’IFROSS (Institut de Formation et de Recherche sur les Organisations Sanitaires et Sociales) a mené une enquête auprès de 300 établissements de santé pour comprendre les motivations d’investissement des dirigeants, tandis que l’Ecole des Mines de Saint-Etienne a travaillé sur des outils de modélisation des systèmes de santé. « Grâce à l’algorithme développé on peut aujourd’hui simuler toutes les configurations possibles d’un schéma de soins », indique G.Comtet.

« L’outil de modélisation désormais disponible intéresse directement les entrepreneurs qui conçoivent des solutions de e-santé, et bien sûr les établissements de santé qui sont confrontés à des choix d’investissement », affirme G. Comtet, rappelant que l’informatisation complète d’un établissement représente un budget colossal, et qu’en l’absence de recommandations certains établissements ont par le passé fait des erreurs d’investissement.

Un marché pour les éditeurs de logiciels

Ce qu’il reste difficile aujourd’hui à réaliser est d’informatiser les métiers de la santé, par exemple pour la coordination du personnel, notamment en hospitalisation à domicile (HAD) où le « carnet de liaison » reste le support de communication, désuet et sans lien avec la structure, qui a mis en place l’HAD. Si la numérisation médico-administrative est désormais généralisée, il y a donc encore fort à faire en termes d’informatisation pour apporter de la valeur à la performance des soins.

« En réponse à la politique lancée par l’Etat dans les années 90 pour appeler les établissement à se doter d’un centre d’informatique médical, les structures hospitalières se sont dotées d’outils maison », rappelle G. Comtet indiquant que l’objectif de la démarche est de fournir une « caisse à outils » aux établissements de santé pour évaluer les solutions proposées.

A travers le Cluster i-Care, l’idée est aussi que les éditeurs ayant développé des solutions efficaces soient proactifs auprès de nouveaux établissements.
Une démarche gagnant-gagnant donc autant pour les établissements de soins que les fournisseurs de solutions informatiques. « La digitalisation n’est pas une évolution mais une révolution du système de soins », analyse Thierry Chignon, associé senior chez Mérieux Développement.

 

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